L'indécente imposture

Pardonner, pardonner, pardonner...
Mais non, ils n'ont pas fait exprès,
C'est pour ton bien qu'ils t'ont abandonnée,
petite

Écouter, écouter, écouter
Mais si, c'est pour ton bien qu'ils te giflaient
Quand tu ne marchais pas droit,
ou quand tu criais,
ou quand tu refusais,
maudite.

Pardonner, pardonner, encore pardonner,
Mais non, il n'a pas fait exprès
de te trahir, de te mentir, de t'avilir
le pauvre bougre,
Ah ! le bon Chrétien,finalement, tu vois ?
Dieu lui pardonne, tous lui pardonnent
Et des cantiques ils entonnent
Pour ce gueux sauvé soit-disant par eux.

Nous les bons chrétiens, tiens, tiens,
on lui pardonne, nous, tu vois, hein ?
Le mal qu'il t'a fait,
qu'est-ce que c'est
à côté du grand pardon divin,
tiens, prends le Christ,
il a souffert, lui, pour ton bien,
et pour le bien du salaud
qui a mangé son pain et bu son vin.

Comment, ça ne te fait pas du bien ?
Comment, tu oses encore être triste ?
Comment, tu dis qu'il t'a détruite ?
Et tu voudrais qu'il souffre encore,
qu'il souffre encore mille morts,
Payer, il ne paiera jamais assez
Pour tout le mal qu'il a fait ?

Mais qui paye, au fait ?
Qui doit subir la rage,
Quand la rage impuissante
est un outrage, et se retourne
dans la plaie jamais refermée
de ton âme blessée.

Alors oui, crie, crie tout le mal
crie toute la colère,
qu'on entende ta colère et
qu'enfin, tous ils  le disent :
"Non, ça n'est pas bien,

 Non, ceux-là ne méritent rien,

 et surtout pas l'indécent

pardon Chrétien."

Peut-être alors, un jour
tu guériras,

peut-être un jour, soulagée,

tu pardonneras.



19/11/2011
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