Dédale

 

Dans le très vieux château, en haut de la colline
Je n’ai trouvé que ronces, et un vieil étendard
Je n’ai pas bu du vin dans des coupes carmines
Ni rencontré de prince aux yeux fous de barbare.

 

Perdue dans le château de la nuit j’ai erré
Par les couloirs vides, les caves, les dédales
Le donjon poussiéreux, sans prendre l’escalier ;
L’oriflamme déchiré gisait sur les dalles.

 

Dans le très, très vieux château, plus aucun grimoire ;
Alors j’ai bu le vin d’amère déception ;
Et mangé la poussière et les fils de mémoire
Laissés par l’araignée cachée en son bastion.

 

Cent nuits j’ai marché, sans lumière, au hasard.
Le long des sombres murs aux pierres descellées
Perçait parfois un rayon de soleil blafard
Et quelques rats s’enfuyaient, criant sous mes pieds.

 

Que cherches-tu ici ? Ce lieu inhabité
A perdu ses fastes, son savoir, sa colère ;
Je pourrais à la chapelle me mortifier
Tandis que là-haut, le ciel trop vaste s’éclaire.

 

Et puis d’un seul coup, le château a disparu ;
Plus de murs, plus de donjon : j’étais éveillée
Et c’est alors en frémissant que je l’ai vu :
L’étendard déchiré, au grand vent déployé.

 

Étendard rouge sang, percé par la gloire
D’un grand soleil puissant, trop chaud et trop brillant.
Et debout se tenait un prince aux yeux barbares
Qui vers moi pencha son visage souriant.

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1 juin 2010



18/10/2011
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