Détails sur l'enfer

L'une rêvait du  prince charmant,
L'autre de sa sœur, sa muse, sa maman, son enfant ;
Ils se sont trouvés dans la rue, sur le trottoir
ou sur un fond d'écran.
Ils se sont accrochés avec les mille pattes
engluées des intérêts, des effets projetés,
des comptes communs, des compromis petits,
écrits sur leurs papiers de peur.
Et l'on dit "Quel beau couple".
Comme ils sont bien assortis".
Assortis ? Ils ne sortent jamais.
Si l'un veut sortir, il traîne l'autre :
L'autre alors préfère rester couchée.
Deux solitudes côte à côte ;
On n'ose plus se parler, car on pourrait crier.
On n'en peut plus de répéter à l'oreille sourde
qui ne veut pas entendre, ou qui veut bien
entendre ce qu'elle veut.
Allons, soyons sérieux, ne rêvons pas :
on se méprise, sous couvert de tendresse.
De petits mots en petites phrases
qui blessent.
Il la préfèrerait malade, clouée au lit,
dépendante de lui.
Elles sont si sournoises les manigances
pour garder l'autre à soi.
Pas besoin d'anti-vol.
Oh ! Comme je déteste dire "on", comme je déteste ce "on" :
"on"va faire ci, "nous allons faire" ça : et moi ?
Je ne suis pas dans ce nous, ni dans ce on.
Je ne suis plus nulle part, je n'existe pas
en dehors de ce "nous" qui m'étouffe.

2 mai 2011




30/07/2011
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 47 autres membres